Y retourner ?

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Y retourner ? Kébir 2000 - 2004 Kebir 2006 Kader Ste Clotilde Videos

 

Retour ?... retour ??  oui RETOUR !

 

J'y suis retourné l'an dernier (en 04/2005), nous étions à l'hôtel (Adef sur le Boulevard Front de Mer) mais je me considérais plus comme un pèlerin qui revient à ses sources. Je pense qu'un touriste est quelqu'un qui va découvrir un pays qu'il ne connaît pas. Ce n'était pas le cas. J'aurai pu marcher les yeux fermés dans les rues de Mers el-Kébir sans jamais me cogner. J'avais l'impression de n'être jamais parti (et dans ma tête et dans mon coeur je ne suis jamais parti), seulement d'avoir dormi (44 ans) et m'être réveillé dans mon village natal que je n'ai jamais quitté. Mes yeux voyaient mais mon coeur superposait des images, mes oreilles entendaient NOS cris d'enfants : c'était magique. Par moments, je découvrais sur les hauteurs de nouvelles constructions : normal, 44 ans ont passés. De Saint Roch (après le virage du Rocher de la Vieille) jusqu'au Cap Falcon, là où n'étaient que hameaux, il y a une ville d'un seul tenant et on retrouve la même chose du Cap Falcon aux Andalouses. On reconnaît quand même au passage la Colombière à Bouiseville, la place d'Aïn El-Turc et les escaliers qui mènent à la plage. C'est vrai que les Dunes ont pratiquement disparues et des boulevards ont été construits aux Andalouses.......

 

Lors de mon premier  voyage en Algérie , c'était en 89, j'avais l'impression que j'allais en cure pour me guérir d'une maladie, j'ai été superbement  accueilli et je pensais avoir exorcisé le sort qui c'était abattu sur moi en 62, après une merveilleuse semaine passée à manger, à rencontrer des anciens amis et surtout à revoir les endroits que j'avais avec le temps enjolivés, idéalisés, magnifiés, je suis revenu reprendre le courant de ma vie dans la région Lyonnaise, avec le sentiment que j'avais gagné, que j'avais battu le sort qui me ramenait toutes les nuits en Algérie, j'en avais fini avec la nostalgie et ce sentiment de manque( L'Algérie pour moi c'était finie, je n'en rêverais plus).
Cela jusqu'en Avril 2004 où avec 21 membres de ma famille , dont la plus âgée avait 88 an s et les plus jeunes une trentaine d'année, nous avons organisé une sorte de pèlerinage, pour les plus anciens c'étaient une manière de bien terminer la longue route en revenant sur nos pas , tendis que pour les plus jeunes qui n'avaient pas connu et qui avaient tant entendu parler de ce pays, c'était en quelque sorte un voyage d'initiation. Tout a était superbement organisé, tous nos déplacements étaient une occasion de faire le fête avec insouciance même si çà risquait en Algérie . En permanence nous étions encadrés par deux véhicules de gendarmerie avec six hommes en armes et une voiture de police avec trois policiers en civile, cela ressemblait fort à un voyage officiel "avec sirènes et tout". Au retour je pensais en avoir fini avec l'Algérie et que je n'allais plus y penser, entre temps malheureusement maman est décédée, cela à était son dernier voyage en Algérie elle l'avait dit au patron de l'hôtel qu'elle n'y retournerait plus.  Puis en 2005 mon frère Jeannot qui n'était pas encore retourné, me demande d'organiser un autre voyage avec son épouse, ce que j'ai fait, une nouvelle fois  mais cette fois avec seulement cinq personnes ( tous c'est bien passé, sous toutes les coutures, amis retrouvés,émotions, soleil, et surtout bien manger).
Et depuis le sentiment de manque est de nouveau apparu, j'y repense tout le temps, c'est comme si j'avais besoin de me ressourcer, c'est comme une drogue. (Raymond)

 

J'ai commencé à retourner à ORAN  MERS EL KEBIR avec le groupe des 108 personnes, organisé par JEANNOT
P en avril 2005. Déjà en avril 2004 je devais y aller, mais pour un évènement important ,et pourtant ce retour était plus qu important, il était même vital, j avais
attendu encore 1 an. Puis mon 2eme retour en juin 2006 ou là j avais fait  mes adieux à notre village et à mes ancêtres au cimetière. Mais malgré cela j y retourne en juin 2007, et même il me tarde d y être. Pendant 43 ans c était un rêve ,un besoin vital, maintenant c est devenu quoi?Je ne peux pas le définir, c est un mélange: les amis faits sur place, l accueil, l ambiance d être à plusieurs à se remémorer les souvenirs de l enfance dans notre village, le cimetière compte beaucoup pour moi aussi, le fait d être accompagner par la police me sécurise. Voilà en gros mes sentiments vécus depuis mon 1er retour . (Violette)

 

La dernière fois que je suis allé à Mers el-kébir, c'était pour Pâques 1968. Depuis, plus jamais et ça ne me manquait pas puisque j'évitais d'en parler et à force d'y penser et le fait de travailler pour construire notre nouvelle vie nous a aidé à ne plus y penser ! Mais depuis trois ans maintenant, la machina s'est mise en marche et je n'ai que ça en tête : aller à Mers el-kébir ! Mais...!  Je comprends que tu veuilles retourner dans notre pays natal. En plus tu en as goûté depuis deux fois donc maintenant jusqu'à la fin de tes jours, tu auras besoin d'y aller. Si tu peux, fais le et ne te pose pas de questions. Tout le monde est comme ça, même ceux qui prétendant le contraire et qui soit disant ont fait une croix sur le passé. J'en connais plein et même de ma famille ! Il ne manquerait plus que ça , que je meurt sans avoir revu Mers el-kébir !  (Alain)

 

Une partie de nous est restée "là-bas" !!!! Pour ma part, j'en rêve toute les nuits, je parcoure le quartier de mon enfance  et je continue à faire "le boulevard" à Kébir ! Mais je suis toujours seule, si seule !!!!! F.... ne veut toujours pas entendre parler de retour et pourtant, quelquefois, il me dit qu'il aimerait bien y retourner avant de partir là-haut !!!!! Alors, là, mon rêve redevient ESPOIR ! (Maryse)

 

Nous avons pendant longtemps évité d'étaler nos états d'âmes et 'avouer que malgré tout nous avons un sentiment de manque vis à vis de notre pays, comme je l'ai dit il n'y a pas bien longtemps à notre ami Kader, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe personne ne pourra m'empêcher d'aller chez moi à MEK et El-Ançor car mes racines y sont plantées, comme le dit la chanson " je n'ai pas choisi le trottoir où je suis né" mais puisque le hasard de l'histoire et la bêtise de l'homme ont fait que je ne vive plus là-bas, tant que j'en aurait la force et les moyens je ferait l'effort de retourner pour conjurer ce sort qui nous a été contraire,et hostile ...

... l'espoir l'emporte toujours sur l'amertume et les plaies ouvertes. Il faut surtout faire le premier pas, vers l'autre avec les mains ouvertes en signe de paix, en vivant le présent car la vie sur terre est très courte . (Raymond)

 

D'ici peu, je prendrais en photo la maison de mes grands-parents sous toutes les coutures. Pour moi c'est la première fois que je vais en Algérie. J’ai hâte d’y être. (Marcellia)

 

 

voyage
 

Chers amis,
 
En entendant parler du tremblement de terre en Algérie, cela me rappelle toujours celui que nous avions eu à Kébir, Oran.
Vous en souvenez- vous ?
Depuis quelques temps vous parler d'un futur voyage à Kébir. Surtout allez y.
J'ai eu la chance d'y retourner en février 1987. Depuis mon mariage je voulais absolument faire connaître à mon mari, l'endroit où j'avais grandi.
Et puis je dois dire que c'était un désir viscéral. Il fallait que j'y retourne, pour en faire comme on dit " mon deuil"
A mon retour, j'ai redigé un compte-rendu, et je souhaite vous le faire lire.
 
"Vingt cinq ans après avoir quitté Mers-el-Kébir, j'accompli un pélérinage classique, dans mon "village".
Premier choc à l'aéroport: ce souffle d'air chaud, ce ciel bleu...
Dans la voiture qui nous conduit à Bouisseville, nous passons d'abord dans les rues d'Oran. Je demande à passer devant mon lycée De Latre de Tassigny.
Mon coeur danse une chamade pas possible.
Dès l'aube, je suis prête. Il va faire soleil. Je veux tout voir, tout reconnaître.
D'abord Kébir. Me voici rôdant du côté de chez moi : 4, Maison Coves
                                                                             Plateau St Michel
                                                                             Mers-el-kébir
Je m'approche lentement. Je scrute l'ensemble de l'immeuble, les balcons, le couloir, la cour... J'essaie naîvement de remonter le temps. Mais je ne peux rien voir, ma vue est brouillée. Dans la cour on parle autour de moi, mais je reste figée, inondée de larmes. C'est très dur. Les occupants actuels m'accueillent très chaleuresement.
A l'école de Kébir, je suis reçue par le Directeur, très attendrit par ma qualité d'ancienne élève.
Non, rien n'a vraiment changé. Mêmes tableaux noirs usés, mêmes pupitres tailladés où je retrouverai ma marque, peut être en cherchant. Même clôche dans la cour, inutlisée maintenant.
Le directeur, me propose d'aller consulter les quelques archives restantes, afin d'y retrouver les registres d'appels : COVES nicole , ESPOSITO michèle, RICHARTE Brigitte, RUIS Annie, YVANEZ Laurette etc....
Et, enfin la visite du cimetière. Un quart d'heure à chercher avant de retrouver la tombe de ma famille. Dans la blancheur du soleil, je déchiffre sur les stèles les noms familiers de COVES, RODRIGUEZ, SANCHEZ..... Le gardien est arabe.
La tournée des plages est sinistre. Je marche sur le sable entre débris de plastique et épluchures. Difficile de retrouver nos belles plages.
Oran. Le délabrement me frappe, caniveaux sales, ordures, façades défraichies aux peintures écaillées.
Je bondis d'émotions en émotions. Je n'arrête pas d'avoir des coups au coeur. Mon pélérinage aux sources devient un électrocardiogramme en dents de scie.
Durant mon séjour, il m'est arrivée ce que j'appelle très sincèrement un miracle.
En remontant la rue d'Arzew à Oran, j'entre dans une boutique afin d'y acheter du nougat. Pourquoi du nougat et pas autre chose ?
Une européenne est derrière le comptoir. Je ne peux m'empécher de la questionner. Parler "d'avant"
- Etes vous native d'Oran ?
    Non, de Mers-el-kébir !!!!
-Dans quel quartier étiez-vous?
   Au plateau St Michel !!!!
Plus je la dévisageais et plus je retrouvais ses traits.
- N'habitiez-vous pas la maison COVES ?
  Oui !!!
C'est de cette façon que j'ai eu la joie de retrouver une amie d'enfance. Que de souvenirs déterrés. Et pour celler nos retrouvailles, Jeanine mon amie, m'a offert deux tableaux peints par mon grand-père. A l'indépendance, étant restée à Kébir, elle s'était dit si j'ai la chance de revoir quelqu'un de la famille Coves, je leur rendrais.
Un cadeau inestimable à mon coeur.
"Avant" c'est fini, terminé. Du haut de la montagne de Santa-Cruz, ORAN n'a jamais été plus belle. Je domine le port, la ville, la méditerranée infinie. Je sais que je reviendrai pas avant longtemps.
Cela fait déjà 17 ans... 

Nicole (écrit en décembre 2004