

Retour ?... retour ?? oui RETOUR !
J'y suis retourné l'an dernier (en 04/2005), nous étions à
l'hôtel (Adef sur le Boulevard Front de Mer) mais je me considérais plus comme
un pèlerin qui revient à ses sources. Je pense qu'un touriste est quelqu'un qui
va découvrir un pays qu'il ne connaît pas. Ce n'était pas le cas. J'aurai
pu marcher les yeux fermés dans les rues de Mers el-Kébir sans jamais me cogner.
J'avais l'impression de n'être jamais parti (et dans ma tête et dans mon coeur
je ne suis jamais parti), seulement d'avoir dormi (44 ans) et m'être
réveillé dans mon village natal que je n'ai jamais quitté. Mes yeux voyaient
mais mon coeur superposait des images, mes oreilles entendaient NOS cris
d'enfants : c'était magique. Par moments, je découvrais sur les hauteurs de
nouvelles constructions : normal, 44 ans ont passés. De Saint Roch (après le
virage du Rocher de la Vieille) jusqu'au Cap Falcon, là où n'étaient que
hameaux, il y a une ville d'un seul tenant et on retrouve la même chose du Cap
Falcon aux Andalouses. On reconnaît quand même au passage la Colombière à
Bouiseville, la place d'Aïn El-Turc et les escaliers qui mènent à la plage.
C'est vrai que les Dunes ont pratiquement disparues et des boulevards ont été
construits aux Andalouses.......
Lors de mon premier voyage en Algérie , c'était en 89, j'avais l'impression
que j'allais en cure pour me guérir d'une maladie, j'ai été superbement
accueilli et je pensais avoir exorcisé le sort qui c'était abattu sur moi en
62, après une merveilleuse semaine passée à manger, à rencontrer des anciens
amis et surtout à revoir les endroits que j'avais avec le temps enjolivés,
idéalisés, magnifiés, je suis revenu reprendre le courant de ma vie dans la
région Lyonnaise, avec le sentiment que j'avais gagné, que j'avais battu le
sort qui me ramenait toutes les nuits en Algérie, j'en avais fini avec la
nostalgie et ce sentiment de manque( L'Algérie pour moi c'était finie, je n'en
rêverais plus).
Cela jusqu'en Avril 2004 où avec 21 membres de ma famille , dont la plus âgée
avait 88 an s et les plus jeunes une trentaine d'année, nous avons organisé
une sorte de pèlerinage, pour les plus anciens c'étaient une manière de bien
terminer la longue route en revenant sur nos pas , tendis que pour les plus
jeunes qui n'avaient pas connu et qui avaient tant entendu parler de ce pays,
c'était en quelque sorte un voyage d'initiation. Tout a était superbement
organisé, tous nos déplacements étaient une occasion de faire le fête avec
insouciance même si çà risquait en Algérie . En permanence nous étions
encadrés par deux véhicules de gendarmerie avec six hommes en armes et une
voiture de police avec trois policiers en civile, cela ressemblait fort à un
voyage officiel "avec sirènes et tout". Au retour je pensais en avoir fini
avec l'Algérie et que je n'allais plus y penser, entre temps malheureusement
maman est décédée, cela à était son dernier voyage en Algérie elle l'avait dit
au patron de l'hôtel qu'elle n'y retournerait plus. Puis en 2005 mon frère
Jeannot qui n'était pas encore retourné, me demande d'organiser un autre
voyage avec son épouse, ce que j'ai fait, une nouvelle fois mais cette fois
avec seulement cinq personnes ( tous c'est bien passé, sous toutes les
coutures, amis retrouvés,émotions, soleil, et surtout bien manger).
Et depuis le sentiment de manque est de nouveau apparu, j'y repense tout le
temps, c'est comme si j'avais besoin de me ressourcer, c'est comme une drogue.
(Raymond)
J'ai commencé à retourner à ORAN MERS EL KEBIR avec le groupe des 108
personnes, organisé par JEANNOT
P en avril 2005. Déjà en avril 2004 je devais y aller, mais pour un évènement
important ,et pourtant ce retour était plus qu important, il était même vital,
j avais
attendu encore 1 an. Puis mon 2eme retour en juin 2006 ou là j avais fait mes
adieux à notre village et à mes ancêtres au cimetière. Mais malgré cela j y
retourne en juin 2007, et même il me tarde d y être. Pendant 43 ans c était un
rêve ,un besoin vital, maintenant c est devenu quoi?Je ne peux pas le définir,
c est un mélange: les amis faits sur place, l accueil, l ambiance d être à
plusieurs à se remémorer les souvenirs de l enfance dans notre village, le
cimetière compte beaucoup pour moi aussi, le fait d être accompagner par la
police me sécurise. Voilà en gros mes sentiments vécus depuis mon 1er retour .
(Violette)
La dernière fois que je suis allé à Mers el-kébir, c'était pour
Pâques 1968. Depuis, plus jamais et ça ne me manquait pas puisque j'évitais d'en
parler et à force d'y penser et le fait de travailler pour construire notre
nouvelle vie nous a aidé à ne plus y penser ! Mais depuis trois ans maintenant,
la machina s'est mise en marche et je n'ai que ça en tête : aller à Mers
el-kébir ! Mais...! Je comprends que tu veuilles retourner dans notre pays
natal. En plus tu en as goûté depuis deux fois donc maintenant jusqu'à la fin de
tes jours, tu auras besoin d'y aller. Si tu peux, fais le et ne te pose pas de
questions. Tout le monde est comme ça, même ceux qui prétendant le contraire et
qui soit disant ont fait une croix sur le passé. J'en connais plein et même de
ma famille ! Il ne manquerait plus que ça , que je meurt sans avoir revu Mers
el-kébir ! (Alain)
Une partie de nous est restée "là-bas" !!!! Pour ma part, j'en
rêve toute les nuits, je parcoure le quartier de mon enfance et je
continue à faire "le boulevard" à Kébir ! Mais je suis toujours seule, si seule
!!!!! F.... ne veut toujours pas entendre parler de retour et pourtant,
quelquefois, il me dit qu'il aimerait bien y retourner avant de partir là-haut
!!!!! Alors, là, mon rêve redevient ESPOIR ! (Maryse)
Nous avons pendant longtemps évité d'étaler nos états d'âmes et 'avouer que
malgré tout nous avons un sentiment de manque vis à vis de notre pays, comme
je l'ai dit il n'y a pas bien longtemps à notre ami Kader, quoi qu'il arrive,
quoi qu'il se passe personne ne pourra m'empêcher d'aller chez moi à MEK et
El-Ançor car mes racines y sont plantées, comme le dit la chanson " je n'ai
pas choisi le trottoir où je suis né" mais puisque le hasard de l'histoire et
la bêtise de l'homme ont fait que je ne vive plus là-bas, tant que j'en aurait
la force et les moyens je ferait l'effort de retourner pour conjurer ce sort
qui nous a été contraire,et hostile ...
... l'espoir l'emporte toujours sur
l'amertume et les plaies ouvertes. Il faut surtout faire le premier pas, vers
l'autre avec les mains ouvertes en signe de paix, en vivant le présent car la
vie sur terre est très courte . (Raymond)
D'ici
peu, je prendrais en photo la maison de mes grands-parents sous toutes les
coutures. Pour moi c'est la première fois que je vais en Algérie. J’ai hâte d’y
être. (Marcellia)