Poésie

Plan du Site Mots-Clefs Nouveautés

bientôt ici les poèmes de Kébiriens

*

Le coin de Joseph Amoros voir son magnifique blog

Le coin de Christiane Asencio / Ruiz

Le coin de Lucien Ruis

Le Coin d'Etiennette Scotto di Vettimo

***

 

Le coin de Joseph Amoros voir son magnifique blog

 

 

Le coin de Christiane Asencio / Ruiz 

 

LE CHAUDRON

De cela, il y a fort longtemps.
Ne vous méprenez pas, pour autant :
Ce n'était point du temps de la Gaule d'antan,
Ni de celle d'Astérix et pourtant,
Il s'agit bien là de l'histoire d'un chaudron.
La France s'étendait, en un certain temps,
Jusqu'en Afrique du Nord, précisément ;
Les nouait la mer bleue, comme un ruban.
Ourlé de sable blond, ce ruban ondulant,
Dans l'une de ses boucles abritait savamment,
Un petit village et ses quelques âmes de croyants.
Mais un jour, des signatures sur des traités nous ignorant,
Chassèrent femmes, hommes et enfants
Venus vers leur mère patrie qui ne leur ouvrit pas toujours ses jupons.
Le temps passait, chacun se refaisant ou, du moins, essayant.
Vint le jour ou quelqu'un de bien pensant
S'écria, je crois, "par Toutatis, en avant !".
Les temps étaient modernes, maintenant.
Il prit un gros chaudron, bien sûr, virtuellement,
Y mit, jour après jour, spaghettis, grains d'aros et leur safran,
Graine de couscous et, de là-bas, les autres communautés, pour ingrédients,
Tant et si bien qu'au fil du temps,
Le chaudron n'est jamais assez grand.
Au gré des intervenants peu à peu recréant
Une rue, le boulevard, un souvenir, un moment,
L'heure bascule d'émotions en récréations.

Et c'est ainsi qu'un petit village et ses quelques habitants
Résistent encore aujourd'hui à l'histoire et au vent.
 

 

 

Le coin de Lucien Ruis 

 

Le Coin d'Etiennette Scotto di Vettimo 

 

Un mariage à la Marsa

 

Les cloches de l'église sonnaient
 

Marie Matzone avait demandé

Fidjami qui se marie ?

C'est la Figuette avec Quiquette

Tout le village était en fête

 

Pizzamerde avait chaussé

Ce jour là ses plus beaux souliers

La Cadjeretta et la Caca

Avaient sorti leur robe de fiesta
 

Sipiano les accompagnait

La Pépa trainait la Tchancla

Quel mal elle avait pour avancer

Doucement elle murmurait

Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
 

Babalone faisait les Beaux yeux

à la Reina et à la Tomatera

 

L'office avait commencé

La Tchitcharet se mit à chanter

On entendait les mouches voler

Seul Cap de sucre les chassait
 

Quel beau cortège on avait fait

Le Taillero photographiait

Taxi les accompagnait

Chez Marizot qui attendait
 

Le Pâtissier avait fabriqué

La plus belle des pièces montées

La Djeromina posait les dragées

Que la Politchina lui avait données
 

Et on chantait c'est la Bombe atomique

La Cucaratcha et Mariquitta la Pela

Fina de Bebous regardait

La Bocca torta qui se tortillait

 

Gorione s'impatientait

« Une limonica por Dios

Cabane lui avait donné

Une petite pièce de monnaie

 

La Figuette et Quiquette

prenaient le chemin de la vie