Poésie

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Le coin de Joseph Amoros voir son magnifique blog

Le coin de Christiane Asencio / Ruiz

Le coin de Lucien Ruis

Le Coin d'Etiennette Scotto di Vettimo

Un petit peu d'Antoine Burle

***

 

Le coin de Joseph Amoros voir son magnifique blog

 

A Mers- El- Kébir

    

Les jours sont courts

Et les nuits longues

Quand il pleut dans nos rêves,

Et que le ciel est gris...

 

Il n'est qu'un seul rivage

Que nous n'oublierons pas,

Ce village où nous sommes nés,

Aux sublimes images

Et baigné de soleil

Aux nuits de myriades d'étoiles

Que le vent de l'oubli

Nous a pris pour toujours...

 

Le temps a balayé

Les rues de ce village

Où depuis bien longtemps

Mon pas s'est arrêté,

Mais les élans du coeur

Sont longs à la détente,

Et mon âme poète

La suit dans mes chansons...

 

Dans la douceur du soir,

Une tendre émotion

De souvenirs d'antan,

Des vagues chantent dans ma tête

Une magnifique symphonie...

 

J'écoute la mélodie d'automne

Devant l'océan infini

Où je m'éveille et désespère

D'un jour qui ne vient pas

Ressusciter l'aurore

De ce lointain pays

Qui ne me connaît plus,

Et me laisse tout seul

Perdu dans le silence...

 

Le jardin de mes jours heureux,

Juste derrière l'église

Si plein de joies ensoleillées 

qui chantait toujours le printemps,

N'existe plus aujourd'hui...

 

Ce village où nous sommes nés

_Mes amis d'hier et d'aujourd'hui_

Etait bien le plus beau du monde !

 

Comme cette étoile filante

Que je regarde dans le ciel... !

 


 

 

Joseph AMOROS

23 mai 2014

 


 

 

Avec une pensée affectueuse

A tous les Kébiriens

 

 

Le coin de Christiane Asencio / Ruiz 

 

LE CHAUDRON

De cela, il y a fort longtemps.
Ne vous méprenez pas, pour autant :
Ce n'était point du temps de la Gaule d'antan,
Ni de celle d'Astérix et pourtant,
Il s'agit bien là de l'histoire d'un chaudron.
La France s'étendait, en un certain temps,
Jusqu'en Afrique du Nord, précisément ;
Les nouait la mer bleue, comme un ruban.
Ourlé de sable blond, ce ruban ondulant,
Dans l'une de ses boucles abritait savamment,
Un petit village et ses quelques âmes de croyants.
Mais un jour, des signatures sur des traités nous ignorant,
Chassèrent femmes, hommes et enfants
Venus vers leur mère patrie qui ne leur ouvrit pas toujours ses jupons.
Le temps passait, chacun se refaisant ou, du moins, essayant.
Vint le jour ou quelqu'un de bien pensant
S'écria, je crois, "par Toutatis, en avant !".
Les temps étaient modernes, maintenant.
Il prit un gros chaudron, bien sûr, virtuellement,
Y mit, jour après jour, spaghettis, grains d'aros et leur safran,
Graine de couscous et, de là-bas, les autres communautés, pour ingrédients,
Tant et si bien qu'au fil du temps,
Le chaudron n'est jamais assez grand.
Au gré des intervenants peu à peu recréant
Une rue, le boulevard, un souvenir, un moment,
L'heure bascule d'émotions en récréations.

Et c'est ainsi qu'un petit village et ses quelques habitants
Résistent encore aujourd'hui à l'histoire et au vent.
 

 

 

Le coin de Lucien Ruis 

 

 

 

RETRAITE EN CALANQUE

 

Sous le ciel  étoilé,

la mer, avait, couleur de nuit , et la lune s’y mirait

de son écharpe blanche, le sable  l’emmitouflait,

tel,  un nobliau en habit de soirée.

 

Au large, un lamparo, tous pharillons allumés,

Dansait au rythme des flots à peine agités

Comme un patineur sur la piste, et,

Par le halo de lumière, accroché

 

Sous les lampions, on imaginait,

sur la légère écume des vagues, soulevées,

Comme, des feux follets,

Ou des feux de  Bengale, qui scintillaient

 

 De la véranda, l’homme blotti, contemplait

 ce tableau, chaque soir esquissé,

 mais  toujours  inachevé

à peine troublé par le chuintement léger,

de l’onde venant mourir sur la petite  plage de  galets

 

La quiétude du moment l’enchantait

et de plaisir, le faisait frissonner.

Heureux enfin d’avoir trouve son home de paix.

Plus de grandes courses en mer sur des cargos mités

Il jouissait maintenant, d’un repos bien mérité.

 

L. RUIS

 

REMEDE

 

Quand le moral est au plus bas,

Que la  mélancolie me gagne,

Je fais un retour  intérieur,

me réfugie, auprès de mon mat de cocagne

et  dans mon jardin de fleurs.

 Pour m’y ressourcer

 

Chacun, Possède en son cœur.

Un mat de cocagne

Où toutes les belles choses de la vie  sont suspendues.

Un jardin de fleurs

Que l’on  enrichi de  son vécu

Et Que l’on protège avec hargne,

Tel un coffre ..  des pilleurs.

 

 La sérénité  revenue,

 Je repars  en quête  de mon  graal

 Qui se nomme tout simplement ‘’’’ bonheur  ‘’’

 Pour y amener  quelques plus

Et , pour que l’existence  devienne  un  bal

 Et me ravisse  le cœur

L. RUIS

 

 

CARTES   POSTALES            ( de L.  RUIS )

                                       -o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

                                         <  TOSCANE  >

 

Le soleil  se couchait à l’horizon, embrasant le ciel d’un camaïeu de

rouge ,et  d’orange vifs.

Sur la plaine,  une brise légère chevauchait les blés mûrs en un long

Mouvement, ondoyant.

Le soir tombait silencieusement,   engourdissant  furtivement la  volonté

des hommes jusqu’à l’aurore  prochaine.

                                            -o-o-o-OOO-o-o-o-

                                             <  CALANQUES  >           ( de L. RUIS )

De la véranda, écrasée de soleil, on  entendait le léger ressac des vagues sur le  sable cristallin de la petite plage .

Au loin, un sea liner , soulignait d’un trait continu, le bleus céleste et marin qui se confondaient

Un albatros planait, son plumage blanc, brillant au soleil.

                                                 -o-o-o-OOO-o-o-o-

                                              <  QUIETUDE  >         ( de L. RUIS )

La maisonnée, plongée dans la pénombre, était comme endormie

Mère --grand , filait en silence sa quenouille près de la fenêtre.

Grand-père, dans le vieux fauteuil  près de la cheminée, tirait sur sa bouffarde , en lisant son journal.

Le vieil épagneul, dormait, le museau posé sur les charentaises de son maître.

Le temps fuyait lentement au rythme discret du balancement de la vieille comtoise.

 

 

Je ne me voyais pas

        ( A l’encontre de Mr. AZNAVOUR )

 

A dix neuf  ans, j’ai quitté ma province

Ne sachant pas, ce que serait ma vie,

Le cœur très lourd, et le bagage mince

J’étais  perdu  loin de mon paradis

La grande muette,  m’ayant longtemps omis,

Les galères et les péripéties

Ont eu raison de mes économies

Je ne me voyais pas  en haut de l’affiche.

Mais , de désespoir,  ma vie , partir en friche.

 l’incorporation, et plus tard  la libération.

Le  complet bleu,   j’ai pu me l’offrir

Quand la chance  eut  décidé de me sourire,

Reconnaissances et promotions 

Ont contribué à m’en sortir

Je ne serais jamais, en haut de l’affiche,

Qu’importe ! et je n’en ai que fiche.

Aussi,  je pense  aujourd’hui  avoir  réussi ma vie

Profession et famille, tout cela sans triche.

Dans ma nouvelle province, j’ai développé

De nouvelles racines et de  nouvelles amitiés

Qui se mélangent aux anciennes

 Et qui resterons en moi , à jamais ancrées

Ainsi que les plus belles images

Celles de mon cher village   ‘’’  KEBIR  ‘’’

 

                                                                 L  RUIS

 

HOMMAGE  AUX  UNIONS  CINQUANTENAIRES

 

 

    DU  CHEMIN  A  LA  VOIE  ROYALE

 

NU,, EST LE CHEMIN DE LA VIE.

CELUI , QU’ENSEMBLE  AVIEZ CHOISI,

C’EST MAIN DANS LA MAIN , QUE VOUS  L’AVEZ FLEURI,

DEPUIS LE JOUR , OU VOUS VOUS  DITES :  «  OUI . « 

 

VOUS  L’AVIEZ SOUHAITE  RECTILIGNE,

ET ,  LES VICISSITUDES DE LA VIE, PARFOIS MALIGNES,

ET ,  NOUEUSES,  TEL LE CEP DE VIGNE,

NE VOUS  ONT  DEVIE,  DE  CETTE  DOITE  LIGNE.

 

DANS  LE  RETRO,  POSEZ  VOS  VUES.

CONTEMPLEZ ,LE CHAMP DE FLEURS ,

QUE VOUS AVEZ SEME , LE LONG DU CHEMIN  PARCOURU

ET,  QUI  SOULIGNE  D’UN ARC  EN CIEL,  VOTRE  BONHEUR.

 

CETTE  VOIE ,  QUI , DEVANT VOUS,  S’OUVRE  AUJOURD’HUI,

N’EST  QUE  PLAISIR  , ET VOTRE SOLEIL  EST  AU  ZENITH

CETTE VOIE  ROYALE , SE  NOMME     « …  REUSSITE … ».

                                                                                                         

                                                                                                         L.R          

 

 

 

 

 

 

Le Coin d'Etiennette Scotto di Vettimo 

 

Un mariage à la Marsa

 

Les cloches de l'église sonnaient
 

Marie Matzone avait demandé

Fidjami qui se marie ?

C'est la Figuette avec Quiquette

Tout le village était en fête

 

Pizzamerde avait chaussé

Ce jour là ses plus beaux souliers

La Cadjeretta et la Caca

Avaient sorti leur robe de fiesta
 

Sipiano les accompagnait

La Pépa trainait la Tchancla

Quel mal elle avait pour avancer

Doucement elle murmurait

Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?
 

Babalone faisait les Beaux yeux

à la Reina et à la Tomatera

 

L'office avait commencé

La Tchitcharet se mit à chanter

On entendait les mouches voler

Seul Cap de sucre les chassait
 

Quel beau cortège on avait fait

Le Taillero photographiait

Taxi les accompagnait

Chez Marizot qui attendait
 

Le Pâtissier avait fabriqué

La plus belle des pièces montées

La Djeromina posait les dragées

Que la Politchina lui avait données
 

Et on chantait c'est la Bombe atomique

La Cucaratcha et Mariquitta la Pela

Fina de Bebous regardait

La Bocca torta qui se tortillait

 

Gorione s'impatientait

« Une limonica por Dios

Cabane lui avait donné

Une petite pièce de monnaie

 

La Figuette et Quiquette

prenaient le chemin de la vie

 

Antoine Burle   

 

Village de mon enfance

 
Ça fait longtemps que j'en rêve 
Que je parle de toi,
À mes enfants, mes petits enfants,
Qui me demandent, qui, quoi, où, comment. 
Je leur dis, le village, le petit port, La montagne autour et ses vieux forts Espagnols, 
La corniche en lacets, les autocars. 
Le soleil l'horizon, le mer bleue et ses moutons.
Notre église, St Michel et les processions , 
Nos quartiers bruyants le matin, silencieux l'après-midi 
Nos écoles, nos instits, le B-A BA répétés,
Qui résonnent dans les classes 
Les bistrots, l'anisette, la kémia, les tramoussos 
L'équipe de foot, la Marsa, 
Torpilleur, Cagnette, le Chat-tigre et les autres. 
Nos jeux, nos genoux écorchés,
Les bilochas, les ventraines, les pignols, la roulencha. 
Les pêcheurs ventrus, les mouettes criardes.
Les bouées, les chalands, les petits bateaux, 
Les chalutiers, les sardiniers, les bonitiers. 
Le boulevard, les cornets de glace. 
Ma petite enfance insouciante,
Mon adolescence inconsciente.
Les bateaux de guerre, leurs sifflets,
Les paquebots du désespoir, Leurs sirènes lugubres. 
Mes parents attristés, jetés au hasard, 
D'un nouveau rivage inconnu. 
Les adieux, les mouchoirs agités,
Les sanglots étouffés 
Les larmes  de la foule sur les ponts,
Des pieds-noirs, même des Arabes silencieux. 
L'adieu à notre village.